Le duel Socodem-Partouche continue…
Lundi 22 décembre 2008Le casino de Gujan-Mestras est mécontent et le fait savoir auprès de la justice française. Pour Frédérique Ruggieri, présidente de la société immobilière Socodem, propriétaire du casino, il est inconcevable que le groupe Partouche puisse continuer d’exploiter son site de jeux en ligne ce qui est tout à fait illégal.
Petit retour sur l’histoire du casino Gujan-Maestras du département de la Gironde… Un projet de création d’un temple de jeux est décidé en 2000 par la Mairie de cette commune de 18000 habitants. Une fois achevé en 2004, le casino ouvre ses portes et attire une forte vague de touristes. La population de cette commune s’accroit alors incroyablement vite. A seulement 35 minutes de Bordeaux, ce casino dans le modèle de type Louisiane ou British, en bordure du lac de la Magdeleine, est un véritable paradis pour les amateurs de jeux. De nombreuses salles et un bar espagnol incitent à un moment de détente. Mais depuis longtemps, cet établissement fait l’objet d’une bataille juridico-politique, qui ne lui laisse aucun répit. Privée de machines à sous, alors qu’elle en attendait 150 à l’ouverture, la maison de jeux ne sera livrée que de 50 bandits manchots et son parc comptera 80 machines en 2008. Pour l’heure, il reste encore des bandits manchots à livrer et la négociation n’est pas terminée. La conséquence de ce manque à gagner a largement impacté la société et celle-ci soupçonne le groupe Partouche, son principal concurrent, d’avoir joué un rôle dans la décision du Ministère de l’Intérieur de défavoriser la Socodem au détriment de ses propres casinos d’Arcachon et Andernos.
La libéralisation des jeux ne devrait plus tarder. Attendue depuis des lustres, elle devrait intervenir fin 2009, début 2010 et les premières licences seront délivrées à certains opérateurs de sites de jeux en ligne, ce qui mettrait fin, ainsi, à un monopole d’Etat détenu par la Française Des Jeux. Les tentatives du gouvernement français ont été nombreuses pour mettre un terme aux actions illégales d’opérateurs étrangers basés dans des paradis fiscaux, tels que Gibraltar et Malte. Sous la pression de la Commission Européenne, la France a fini par admettre l’ouverture des sites de jeux en ligne sur internet, sous certaines conditions. Mais cette date d’ouverture est beaucoup trop lointaine pour un Patrick Partouche, PDG du groupe, impatient de faire comme tous ceux qui, jusqu’à présent, on contourné la loi. Lourdement endetté, le premier groupe européen de casinos qui possède une quarantaine d’établissements, une quarantaine d’hôtels et 5 établissements thermaux, a ouvert un site de poker en ligne et passe au dessus de la loi, avant l’heure. Sans doute, pour faire prendre conscience au gouvernement de l’impact des jeux en ligne, qui prennent en toute impunité des parts de marché énormes aux casinos terrestres, lesquels affichent un net recul de leur chiffre d’affaires. Mais la Socodem n’est pas de cet avis et assigne Partouche devant le Tribunal de Grande Instance de Paris en demandant expressément la fermeture de son site en ligne de poker qui lui fait du tort et a attiré des centaines de milliers d’internautes dès son ouverture grâce à la notoriété de Partouche qui n’est plus à démontrer. Le duel Socodem-Partouche sera sans doute difficile à dénouer et l’illégalité de Partouche pourra-t-elle être prouvée, la première raison étant que même si l’hébergeur est français, la société étant sous double pavillon Malte-Gibraltar, donc non soumis au droit français. On en saura plus bientôt…