Récemment interviewé, le Ministre du Budget Eric Woerth nous éclaire sur les conséquences d’une libéralisation des jeux de casino et paris sportifs en ligne. Il nous fait comprendre qu’il est temps de mettre un terme à l’illégalité qui sévit depuis de nombreuses années. Comme prévu, fin 2009, tout au plus début 2010, la libéralisation des jeux va permettre une meilleure organisation et un contrôle certain des sites proposés par les opérateurs. En permettant l’ouverture à la concurrence, la protection du joueur n’en sera que meilleure. De quelle façon ? Un petit retour sur la question pour comprendre pourquoi la légalisation des jeux est une bonne chose. Depuis longtemps déjà, l’arrivée en masse de jeux et paris sur internet, en provenance de sites agissant depuis de pays extérieurs à l’hexagone, fiscalement basés dans d’autres pays et s’adressant à des joueurs français, a quelque peu perturbé les esprits. Devant le développement des mineurs face aux jeux en ligne, à l’impossibilité de les contrôler et d’assurer leur protection, mais aussi dans un souci de ne plus laisser à une Française Des Jeux le monopole d’Etat, devant la pression de la Commission Européenne, les pouvoirs publics se sont penchés sur le problème. Longues négociations, débats et décisions sur la question ont porté leurs fruits et des mesures ont été prises pour que les mineurs soient protégés de toute addiction aux jeux, paris sportifs ou hippiques. La légalisation apportera, quant à elle, son lot d’encadrements de toutes parts et les opérateurs, de leur côté, se verront dans l’obligation d’interdire aux mineurs de jouer, de limiter les mises des joueurs plus âgés et de ce fait, seront également associés à une prise en charge téléphonique pour aider les accrocs du jeu, présentant quelques problèmes. Il sera également assuré de la part des opérateurs qui se verront octroyer une licence adaptée, selon des paramètres stricts et bien précis, de garantir leur transparence. Bien sûr, il est évident qu’ils ne seront pas installés dans un paradis fiscal, pour éviter tout blanchiment d’argent. A la question de savoir quel est l’intérêt du gouvernement, dans une telle organisation et remaniement du système des jeux en ligne, il est évident que l’objectif est de sortir d’une impasse qui ne mène nulle part, si ce n’est à affronter de réels problèmes. Le but de l’Etat étant de prévenir toute indépendance au jeu, tout dérapage et de préserver une certaine éthique du sport et du monde hippique. Pour ce qui est des jeux de grattage et de tirage, ils restent quant à eux sous l’égide de l’Etat.
Cette libéralisation des jeux et paris va donner un coup de pouce aux casinotiers, qui rencontrent actuellement un problème de taille, dans le sens où ils affichent pour la plupart un net recul de leur PBJ – différence entre les mises et les gains, soit leur chiffre d’affaires – et vivent une situation difficile. Ils pourront, grâce à leur nom et à leur réputation, revenir sur un marché concurrencé de façon illégale jusque là et qui, d’une certaine façon, a pris les parts de marchés qui leur revenaient de droit s’ils avaient été autorisés à opérer en ligne. Ce n’était pas le cas, mais maintenant ils pourront retrouver un certain niveau de stabilité grâce à cette ouverture. Quant à la question de la taxation il est indéniable que les opérateurs ne pourront l’éviter. Pour le moment cette mesure est à la discussion, quant à la définition de son montant, mais personne ne pourra y réchapper… Devant la masse considérable d’argent que drainent les jeux en ligne, l’Etat n’aura de cesse de sécuriser sa recette financière.
L’ouverture à la concurrence des jeux et paris sportifs et hippiques en ligne est donc essentielle et va permettre un encadrement, une sécurité et une protection. Néanmoins, elle sera limitée dans un premier temps, pour ce qui concerne les paris sportifs en France, car comme l’explique le Ministre du Budget, ce domaine est complètement sous monopole étatique. Devant la demande pressante de la Commission Européenne et ses injonctions d’ouvrir ce marché à la concurrence, sous peine de poursuites judiciaires, la France n’a d’autre choix que de libéraliser cette activité.